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 Le prix de journée, le contexte
Dans le budget fédéral pour 2003, 160 millions d’euros supplémentaires au total ont été dégagés pour les soins aux personnes âgées en institutions. La majeure partie de ce montant est nécessaire pour faire face à l’accroissement continu des coûts.    [ 2/5/2003 ]
L’utilisation des autres moyens (22,9 millions d’euros) a été fixée via un deuxième protocole d’accord. Les régions décident elles-mêmes de l’utilisation de cet argent. Avec celui-ci, elles peuvent effectivement « ouvrir » de nouveaux lits MRS mais elles peuvent aussi l’utiliser pour continuer à convertir des lits MRPA (c-à-d l’amélioration de l’encadrement de personnel pour des personnes dépendantes de soins qui séjournent dans des lits MRPA) ou encore pour élargir les courts-séjours, les soins de jour ou les soins psychiatriques dans les maisons de repos. Elles se sont aussi engagées à tendre, lors de l’affectation de cet argent, au maximum vers une autonomie la plus grande possible de la personne âgée. L’offre de soins doit être organisée de manière à ce qu’une admission dans une maison de repos puisse être reportée le plus longtemps possible. Des formes alternatives de soins aux personnes âgées (par ex. courts-séjours et centres de soins) reçoivent des moyens supplémentaires, de sorte que les gens qui assurent l’accueil et les soins de la personne âgée à la maison, puissent de temps à autre souffler.

Dans une société qui vieillit de plus en plus, les besoins de soins et d’un accueil de qualité augmentent fortement. Pour répondre à ces besoins, de nombreux investissements supplémentaires sont nécessaires. Sinon, la qualité des soins risque de régresser et de plus en plus de soins seront déplacés vers les résidents qui devront payer un prix de journée supérieur.

  1998 1999 2000 2001 2002
  Dépenses définitives Dépenses définitives Dépenses définitives Dépenses définitives Objectif
 Total en
 millions
 d’euros)
674,31 755,48
867,88
1.001,26 1.160,79
 Croissance par  rapport à l’année
 précédente
9,19% 12,04% 14,88% 15,37% 15,93%

Le premier protocole d’accord avait, conjointement avec l’accord social du 1er mars 2000, un impact budgétaire important. En comparaison à 1998, les efforts consentis par le gouvernement fédéral pour les maisons de repos et les maisons de repos et de soins ont augmenté d’environ 72% (de 674,31 millions d’euros en 1998 à 1.160,79 millions d’euros en 2002). Par ces investissements, les prix de journée n’ont plus augmenté si fortement au cours des dernières années.

  1998 1999 2000 2001 2002 2003
 Région flamande 33,32 33,81
34,11
34,62 35,27 35,70
 Région wallonne 28,21 28,56 28,83
29,31 29,89
30,19
 Région bruxelloise
32,50
32,97 33,24 34,43
35,06 35,48
 Belgique 30,59 31,01 31,28 31,86 32,49 32,87

Durant les phases de reconversion (1998-2002), on peut constater que le prix de journée moyen (les suppléments y compris) augmente de 6 à 7%, ce qui correspond environ au rythme de l’inflation. Attention : ces chiffres sont des moyennes et ne disent rien sur l’évolution du prix de journée dans un établissement pris isolément. Via le premier protocole d’accord où pour la période de 1998 à 2002, 25.000 lits MRPA ont été reconvertis en lits MRS, on s’attendait à ce que les prix de journée diminuent. Si un meilleur financement est octroyé aux lits de maisons de repos ordinaires, en les convertissant en lits MRS, le prix de journée diminuerait pour les mêmes coûts de personnel. Paradoxalement, les prix de journée n’ont pas diminué parce que le besoin en de soins continue à augmenter fortement. La personne âgée qui est encore valide va moins vite en maison de repos. Elle reporte le plus longtemps possible le moment où elle va quitter sa propre demeure, ce qui augmente ses besoins d’aide et de soins lorsqu’elle sera en maison de repos. La maison de repos évolue de plus en plus vers une maison de repos et de soins qui requiert un personnel de plus en plus qualifié.

Sur la base d’un échantillon représentant environ un quart de la population des maisons de repos flamandes, il est possible de déduire l’impact des initiatives fédérales sur les coûts (les “coût des soins”) et les recettes (intervention de l’INAMI).

On établit une distinction entre les institutions qui ont moins de 20% de lits MRS (appelées ci-après institutions mixtes) et les institutions qui disposent de 20% ou plus de lits MRS (nommées ci-après lits MRS).

Coût des soins 1997 1998 1999 2000 2001
 Institution mixte 100 106 114
121 136
 MRS 100 103
109
115 127

Le coût des soins augmente sur les années de 36% dans une institution mixte et de 27% dans une institution avec plus de 20% de lits MRS. Cela s’explique principalement par une augmentation du personnel soignant. Cette augmentation est la conséquence d’un accroissement du ombre de personnes lourdement dépendantes en général et du nombre de lits MRS en particulier. Les normes de personnel pour un résident ayant un profil plus lourd de dépendance de soins sont en effet significativement supérieures à celles pour un résident ayant un degré léger de dépendance de soins. De plus, les normes pour lit MRS sont aussi plus élevées que celles pour un lit MRPA (cfr. aussi point 2.5).
.
L’impact de la reconversion sur le coût des soins apparaît aussi supérieur dans les institutions qui ont un pourcentage inférieur, voire nul, de lits MRS par rapport aux institutions qui disposaient d’agréments MRS déjà avant la reconversion. La raison est que pour l’organisation du personnel pour l’ensemble de l’institution, elles tenaient déjà compte des normes MRS. Par exemple, les prestations en matière de kinésithérapie. La kiné dans les institutions sans agréments MRS est principalement organisée sur une base indépendante tandis que dans les institutions avec des agréments MRS, elle est effectuée par des kinés et dans le cadre de services parce que c’est aussi la base légale. La reconversion a dès lors comme conséquence que dans un cas, les kinés doivent être pris en service tandis que dans l’autre cas, c’est moins nécessaire parce que ces institutions travaillent déjà pour l’ensemble de leur population de résidents selon les normes MRS (et donc pas seulement pour le nombre de lits pour lequel un agrément MRS a été donné).

L’augmentation plus importante du coût des soins de 2000 à 2001 s’explique essentiellement par l’accord social du 1er mars 2000 qui harmonise les barèmes du personnel au niveau de l’hôpital à partir du 1/10/2000 sur une période de 5 ans.

 INAMI
1997 1998 1999 2000 2001
 Institution mixte 100 120 138
149 180
 MRS 100 106
117
119
135

Les autorités fédérales ont également consenti énormément d’efforts au cours des dernières années. Plus haut, nous avons déjà dit que les budgets pour le secteur des maisons de repos, des MRS et des centres de soins de jour a augmenté d’environ 72%.

Au niveau microéconomique, cela signifie une augmentation de 80% des recettes INAMI pour une institution mixte et de 35% pour une institution avec plus de 20% de lits MRS.

Mais la croissance du besoin de soins et l’encadrement de personnel qui en découle ne sont pas le seul facteur qui fait augmenter les coûts. Les soins sont importants et restent une activité fondamentale de la maison de repos mais dans les maisons de repos, il faut aussi, en premier lieu, vivre. Les derniers temps, on a porté plus d’attention à la qualité de la vie et de l’habitat. Cela s’est traduit dans les normes d’agrément pour lesquelles les différentes Communautés et Régions sont compétentes mais cela a aussi un prix. La maîtrise des prix de journée pour les personnes âgées constitue en d’autres termes une préoccupation de toutes les autorités concernées à laquelle il faut travailler en commun. Ca a peu de sens de maintenir les prix de journée à un prix abordable, via des investissements dans le coût des soins, lorsque toutes sortes d’autres exigences sont imposées au secteur sans en évaluer les conséquences budgétaires.

A l’initiative du ministre Vandenbroucke, un groupe de travail a été créé conjointement avec le cabinet du ministre Picqué, auquel toutes les autorités compétentes ont participé ainsi que les organisations d’employeurs des maisons de repos.
Service Presse du Cabinet d'Affaires sociales
 'www.vandenbroucke.com
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